Le Boulevard des Champions a eu le grand plaisir de recevoir au sein de son studio, l’un des membres du staff du HAC, plus précisément le préparateur physique des ciel et marine, Erndual Bachelet. Nous nous sommes entretenus avec lui pour en découvrir davantage sur son rôle actuel et ses missions au HAC, ses premières expériences dans le staff, son point de vue et son pronostic sur la saison actuelle du HAC en Fédérale 1 ainsi que d’autres sujets.  

Bonjour Erndual, tout d’abord, pour commencer cet entretien, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour ! On m’appelle Dudu, cela permet de limiter les langues qui fourchent mon prénom. Je suis préparateur physique depuis 3 ans, et au HAC Rugby au service de l’effectif sénior pour la deuxième saison consécutive.

Quelles ont été vos formations pour réaliser ce métier ?

 

J’ai d’abord réalisé une Licence STAPS Entraînement Sportif pendant 3 ans avant de me spécialiser dans la préparation physique grâce au Diplôme Universitaire Européen de Préparation Physique de Lyon pendant 1 an, puis à une Certification de Préparation Physique en Haute Performance pendant 1 an à l’INSEP.

J’ai élargi dans un même temps mon domaine de compétences en réalisant des formations fédérales en haltérophilie, puis en rugby.

Quel est votre poste et quelles sont vos missions au sein du HAC rugby ?

Je suis préparateur physique de l’effectif sénior. Les missions de préparation physiques sont réparties en collaboration avec mon binôme Ahmed Djae. J’ai pour principales missions la prévention des blessures, la réathlétisation en collaboration avec les kinés (avant de prendre la responsabilité du retour sur terrain), la gestion de la charge d’entraînement sous la houlette du staff sportif, et enfin l’échauffement des joueurs les jours de match. Dans une moindre mesure, je suis quelques joueurs dans leur préparation physique hebdomadaire.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le rôle de préparateur physique ?

Tout d’abord, on devrait nous appeler « entraîneur des qualités physiques » car « préparateur physique » est une traduction erronée du titre de « strength and conditioning coach » de nos voisins anglo-saxons. Un préparateur physique a la responsabilité de préparer athlétiquement et physiquement un sportif ou un groupe de sportifs. Cela signifie préparer le corps (musculature) et l’organisme (capacité et puissance cardio-respiratoire) à répondre à la charge imposée au sportif par l’enchaînement des entraînements, des séances de musculation, et du championnat. Il faut donc préparer le sportif dans l’objectif de le rendre disponible à performer, à s’entraîner de façon qualitative et quantitative tout en minimisant le risque de blessure.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la réathlétisation ?

La réathlétisation est une période de travail pour un joueur avant de pouvoir suivre un entraînement spécifique à sa discipline. On parle de réathlétisation après une période d’inactivité (suite à des vacances ou à une blessure). Dans le cas d’une blessure, la période de réathlétisation intervient après la convalescence, les soins et la rééducation avec le kiné. La réathlétisation comporte un travail en salle de musculation, et sur le terrain de façon adaptée.

Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour devenir un bon préparateur physique ?

Pour moi, il est essentiel de se former en physiologie et en anatomie pour comprendre le corps qui est l’outil de travail d’un sportif. Ensuite, il faut se former aux méthodes de musculation et de travail cardio-respiratoire.

Il faut également être capable de rendre spécifique son travail à la discipline au service de laquelle on prépare un athlète, par exemple grâce à une formation fédérale.

Enfin, il faut être curieux, se former tout au long de sa carrière sans se reposer sur ses acquis, et établir sa philosophie de la préparation physique que l’on souhaite mettre en place.

Pourquoi aimez-vous dire que « les grands joueurs ne font pas forcément les meilleurs entraîneurs » ?

De mon point de vu, c’est l’une des plus grandes vérités du monde de l’entraînement sportif. On l’entend d’avantage dans le monde du football, mais cela est transversale à l’ensemble des disciplines sportives.

Prenons en métaphore du football ; il est fondamentalement différent de savoir frapper un corner, et d’être en mesure de le transmettre, de l’apprendre, et de le corriger à une autre personne.

Selon moi, les meilleurs entraîneurs sont ceux qui se forment, qui se remettent en question, qui travaillent leur pédagogie et leur physiologie de l’entraînement, et qui savent intelligemment s’entourer. Cela vaut pour les entraîneurs des qualités physiques, et c’est une idéologie que je souhaite respecter tout au long de ma carrière.

Quels sont les plus grands sportifs que vous avez dirigé ?

J’ai pu accompagner durant la saison 2021-2022 des gymnastes au Pôle France Gym de Lyon en junior U16 et U18 qui aujourd’hui font partie des collectifs nationaux U18 et sénior, et disputent à chaque rassemblements, stages, tests et compétitions une place de titulaire en équipe de France.

A ce sujet, quel a été votre rôle au sein de la Fédération Française de Gymnastique ?

J’étais responsable de la préparation physique de 4 juniors, et adjoint à la préparation des 7 séniors du pôle et sur la formation des jeunes espoirs.

J’avais une double casquette, car depuis 2019, je suis juge-arbitre national en gymnastique artistique masculine, et je participais à l’arbitrage des tests internes au pôle qui précédaient la revue d’effectif nationale, les championnats de France ou encore des compétitions internationales disputées par les pensionnaires du pôle.

Que pensez-vous de la saison actuelle du HAC Rugby ?

Je ne me permettrai pas de juger les résultats compétitifs. Ceci dit, nous nous sommes préparés à jouer dans cette poule n°1, et nous ne faisons pas tâche. Les joueurs ont travaillé physiquement pour répondre aux exigences du niveau Fédérale 1, des joueurs ont du se préparer individuellement pour servir au mieux le collectif, et je suis plus que satisfait du travail des joueurs que j’ai accompagné individuellement pendant la préparation estivale, et depuis le début de saison.

Depuis le début de votre carrière, de quoi avez-vous été le plus fier ?

J’ai accompagné et réathlétisé un jeune gymnaste de 17 ans qui a enchaîné les blessures, a remis en question son investissement et ses sacrifices pour la gymnastique qui est un des sports les plus exigeants que je connaisse ; et qui aujourd’hui évolue en première division Top 12 en France et fait partie de l’effectif national sénior de l’équipe de France.

Dans un second temps, je suis fier d’avoir participé et apporté ma pierre à l’édifice à la montée historique du HAC Rugby en Fédérale 1, saison 2022-2023.

Quel est votre plus grand rêve ?

Je rêve d’apporter quelque chose à chaque athlète que je préparerai. Je souhaite continuer d’apprendre tout au long de ma carrière. J’espère un jour obtenir une reconnaissance professionnelle de mes paires dans le domaine de la préparation physique en France.

Entretien réalisé par Damon Spahija.

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